2 agosto 2026, version en français au fond

Michela Galliani, militante No TAV e di PresidioEuropa, ha steso questa Lettera aperta per sostenere un dibattito di cui si sente la necessità verso due obbiettivi: dare forza ad un movimento popolare nato in Valle Susa nel 1989 con una visione strategica di lotta contro la devastazione economica ed ambientale del progetto Torino-Lione e riunire di nuovo tutte quelle persone che hanno abbandonato le manifestazioni con assalto garantito, ma sono comunque da sempre contrarie all’opera.

Nell’immagine Venaus l’8 dicembre 2005

“Non so perché ma le ultime vicende degli attacchi ai cantieri mi hanno fatto venire in mente “I Ragazzi della via Pál”, che difendono strenuamente quello che per loro è tutto il loro mondo, incuranti di tutto il resto. Forse perché secondo me si sta perdendo leggermente la visione strategica della lotta contro la devastazione economica ed ambientale del TAV.

Mi mangerei le mani per non aver fotografato il passaggio di chi da Venaus, sabato 25 luglio 2026 nel pomeriggio, si recava verso la stazione di Susa. Non era un corteo, ma gruppetti di diversa consistenza passavano sotto il mio balcone, chi solo, chi 4, 5, 10 insieme. In comune la necessità di difendersi dal caldo, pur con qualche accenno di pioggia. Ragazzi a torso nudo, ragazze in top, bicchieri di birra in mano, colori, bandiere, tanta allegria, insomma, il solito mondo dei giovani NO TAV. Ad un certo punto tra questi spiccava una formazione del tutto diversa. Coperti completamente di nero, maniche, pantaloni lunghi e anfibi, qualcuno con poncho impermeabile sempre nero. Si muovevano intruppati in modo paramilitare, ed uno di loro li comandava. Non era difficile prevedere le loro intenzioni. Negare la loro presenza è negare la realtà. Così come insistere che questi facciano parte integrante del movimento. Qualcuno li ha per caso visti rientrare a Venaus, come tutti gli altri?

Con tutta la buona volontà che ci metto non riesco a capire perché quelli che si assumono la responsabilità di parlare a nome del movimento siano così ansiosi di darsi la zappa sui piedi. Perché è innegabile: essere entrati nei cantieri a far danni dopo che i cancelli erano stati aperti agli “amici” in nero, è una vittoria di Pirro, che può essere apprezzata solo da chi ha istinti revanscisti, o una visione romantica della “battaglia”. In concreto non si è vinto un bel nulla. Anzi. Invece di porre l’attenzione sul progetto e tutte le sue pecche, questa viene spostata sulla violenza, sui danni e tutto quello che i media asserviti al governo vomitano in quantità, scatenando la pancia degli utili idioti che invocano carcere a vita e lavori forzati,

Specifico ben bene che non sono mai stata una pacifista doc, non aborro la violenza in generale, e difendo la necessità di usarla ad esempio in caso di attacco. Ma in questo caso mi sembra che ci sia più attenzione nel dare il contentino ai ragazzi che arrivano con la voglia di “fare qualcosa” che ad una tattica inserita in una strategia ben chiara.

Il movimento NO TAV non è un partito. Non elegge i leader. Abbiamo perso una persona, purtroppo, Alberto Perino, che la posizione di leader se l’era guadagnata grazie alla sua visione lungimirante, alla capacità di parlare e tenere insieme tutte le anime del movimento, alla capacità di analisi e quindi di indicare la via da seguire.

Purtroppo in questo momento non intravedo altrettanta capacità in chi si prende la briga di parlare a nome del movimento. Perché dobbiamo ricordarci che lo scopo principale era e dovrebbe ancora essere fermare il TAV. E non mi risulta che i vari assalti ai cantieri, ma neanche le semplici battiture abbiano prodotto risultati eclatanti da questo punto di vista. L’aver inferto dei danni al cantiere, vera o falsa la valutazione di TELT, ha solo dato un’ulteriore scusa per tenere fermo il cantiere, cosa che avveniva già in precedenza.

Siamo in un momento in cui questo deleterio progetto è estremamente debole. Problemi in Francia con la talpa, problemi in Italia, l’UE che da una parte continua a dichiarare l’assoluta necessità della linea ma dall’altra non destina che briciole all’opera. Il progetto continua ad essere modificato, segno di quanto fosse debole in partenza, i tempi si dilatano, i costi salgono alle stelle ed i fondi non ci sono.

Queste devono essere le nostre armi: l’informazione, mettere a nudo l’incapacità e quindi l’impossibilità di realizzare il progetto, che è ormai ridotto a bancomat per imprese edili e chi le sostiene. Solo un’attività di questo genere peraltro può ricompattare le fila, riunire di nuovo tutte quelle persone che hanno abbandonato le manifestazioni con assalto garantito, ma sono comunque da sempre contrarie all’opera.”

Michela Galliani


Quelle direction prend le mouvement No TAV ? Une réflexion pour mettre un terme au Lyon Turin.

Michela Galliani, militante No TAV et membre de PresidioEuropa, a rédigé cette Lettre ouverte afin de susciter un débat qu’elle juge nécessaire pour atteindre deux objectifs : donner de la force à un mouvement populaire né dans la vallée de Suse en 1989, doté d’une vision stratégique de la lutte contre la dévastation économique et environnementale causée par le TAV, et rassembler à nouveau toutes celles et ceux qui ont cessé de participer aux manifestations où les affrontements sont inévitables, mais qui sont néanmoins depuis toujours opposés à ce projet.

“Je ne sais pas pourquoi, mais les derniers événements liés aux attaques contre les chantiers m’ont fait penser aux « Garçons de la rue Pál », qui défendent farouchement ce qui représente pour eux tout leur univers, sans se soucier du reste. Peut-être parce que, selon moi, on perd un peu de vue la vision stratégique de la lutte contre la dévastation économique et environnementale causée par le TAV.

Je m’en veux terriblement de ne pas avoir photographié le passage de ceux qui, depuis Venaus, dans l’après-midi du samedi 25 juillet 2026, se rendaient à la gare de Susa. Ce n’était pas un cortège, mais des petits groupes de tailles variables passaient sous mon balcon, certains seuls, d’autres par 4, 5 ou 10. Ils avaient en commun la nécessité de se protéger de la chaleur, malgré quelques averses. Des garçons torse nu, des filles en débardeur, des verres de bière à la main, des couleurs, des drapeaux, beaucoup de gaieté… Bref, l’univers habituel des jeunes NO TAV. À un certain moment, parmi eux, un groupe d’un tout autre genre s’est démarqué. Entièrement vêtus de noir, manches longues, pantalons longs et bottes militaires, certains portant un poncho imperméable, toujours noir. Ils se déplaçaient en formation paramilitaire, et l’un d’entre eux les commandait. Il n’était pas difficile de deviner leurs intentions. Nier leur présence, c’est nier la réalité. Tout comme insister sur le fait qu’ils font partie intégrante du mouvement. Quelqu’un les a-t-il vus, par hasard, rentrer à Venaus, comme tous les autres ?

Malgré toute la bonne volonté dont je fais preuve, je n’arrive pas à comprendre pourquoi ceux qui assument la responsabilité de s’exprimer au nom du mouvement sont si pressés de se tirer une balle dans le pied. Car c’est indéniable : pénétrer sur les chantiers pour y causer des dégâts après que les portails ont été ouverts aux « amis » en noir est une victoire à la Pyrrhus, qui ne peut être appréciée que par ceux qui ont des instincts revanchistes ou une vision romantique de la « bataille ». Concrètement, on n’a rien gagné du tout. Bien au contraire. Au lieu de mettre l’accent sur le projet et toutes ses failles, l’attention est détournée vers la violence, les dégâts et tout ce que les médias à la solde du gouvernement déversent en abondance, attisant la haine des « idiots utiles » qui réclament la prison à vie et les travaux forcés,

Je tiens à préciser très clairement que je n’ai jamais été une pacifiste pur et dur, que je n’abhorre pas la violence en général, et que je défends la nécessité d’y recourir, par exemple en cas d’attaque. Mais dans ce cas précis, il me semble qu’on s’attache davantage à donner une consolation aux jeunes qui arrivent avec l’envie de « faire quelque chose » qu’à une tactique s’inscrivant dans une stratégie bien claire.

Le mouvement NO TAV n’est pas un parti. Il n’élit pas de dirigeants. Nous avons malheureusement perdu une personne, Alberto Perino, qui s’était imposé comme leader grâce à sa vision à long terme, à sa capacité à s’exprimer et à rassembler toutes les composantes du mouvement, ainsi qu’à son esprit d’analyse qui lui permettait de tracer la voie à suivre.

Malheureusement, pour l’instant, je ne perçois pas la même capacité chez ceux qui prennent la peine de s’exprimer au nom du mouvement. Car nous devons nous rappeler que l’objectif principal était, et devrait toujours être, d’arrêter le TAV. Et je ne pense pas que les différentes attaques contre les chantiers, ni d’ailleurs les actions consistant à frapper bruyamment les barrières de fil barbelé des chantiers, aient donné des résultats spectaculaires à cet égard. Le fait d’avoir causé des dégâts au chantier, que l’évaluation de TELT soit vraie ou fausse, n’a fait que fournir un prétexte supplémentaire pour maintenir le chantier à l’arrêt, ce qui était déjà le cas auparavant.

Nous sommes à un moment où ce projet néfaste est extrêmement fragilisé. Des problèmes en France avec le tunnelier, des problèmes en Italie, l’UE qui, d’un côté, continue de proclamer la nécessité absolue de la ligne mais, de l’autre, ne consacre que des miettes à l’ouvrage. Le projet ne cesse d’être modifié, signe de sa fragilité initiale, les délais s’allongent, les coûts montent en flèche et les fonds font défaut.

Telles doivent être nos armes : l’information, mettre à nu l’incapacité et donc l’impossibilité de réaliser ce projet, qui n’est désormais plus qu’un distributeur automatique de billets pour les entreprises de construction et ceux qui les soutiennent. Seule une action de ce type peut d’ailleurs resserrer les rangs, rassembler à nouveau toutes ces personnes qui ont abandonné les manifestations où les affrontements étaient inévitables, mais qui sont néanmoins depuis toujours opposées à ce projet.”

Michela Galliani